Petite mort
Sous la Lune moi je cours, suivant les étoiles du jour, qui filent. Mes pensées s'élèvent au firmament. Le bonheur, l'espace d'un instant unique, m'enivre et me rend saoûle. Les cheveux et l'âme au vent, je cours encore jusqu'à l'horizon, cette ligne sacrée, tant convoitée, que l'on ne peut atteindre. Je suffoque, je soupire, je m'essoufle, mais je ne cesse de courir. Encore et toujours, ne jamais s'arrêter. Fixer la lumière au bout du tunnel, telle une lueur de répit, l'espoir infini. Mes pieds battent le sol dans un écho sourd. Dans mes veines, mon sang se glace. Un pas après l'autre, sans y croire vraiment. Une larme, perle d'argent, m'échappe et roule. Je cours sous ce ciel étrange et grave qui m'enveloppe dans son éternité d'un rose obscur. Un dernier effort, j'y suis presque. Enfin, un ange m'apparaît, divin messager. Il me tend la main, ouvre ses ailes d'or. Il me sourit et m'emporte. Vers la Lune je m'envole. A présent je respire, je vis.
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