Page blanche
Elle est là, devant moi, cruelle ennemie. Pâle et angoissante, immobile et vide. Comme un linceul, prêt à m’envelopper, elle s’étend sous mon regard. Elle me toise, m’ignore, me repousse. Je m’approche doucement. Le bout de ma plume la frôle. J’hésite, je ne sais pas. Elle m’effraie, ouverte comme une bouche, comme un gouffre. Elle est là, devant moi, parfaite et pure. Elle me paralyse, noie mes mots, dans son immensité. Ma plume aphone, amnésique, éteinte, sèche, plâne, se fige. Je reste songeuse, perdue, devant la page blanche, plus rien à dire, le néant, un trou de mémoire.
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