Quelques lumières dehors, quelques bruits, lointains,
qui n'appartiennent qu'aux autres. Quelques heures, quelques jours, ou quelques vies passent à la fenêtre, qu'importe. Sans bouger de la chaleur de l'ombre, sans sortir de mon île, j'étire le
temps autour de moi, enroulée dans ses couvertures parfumées. Depuis cet espace à part, ma vigie, je m'étends à côté, à côté de tout. Sans rien toucher, sans rien prendre, juste voir, sans être
vue. Quelques mots, en l'air toujours les mêmes, peut être, attrapés et disséqués, puis relâchés dans l'air. Ne rien garder, ne rien retenir. Jamais d'espoir, jamais d'attente, ni de
surprise. Je m'oublie et je m'efface peu à peu, dans les langueurs des jours sans fins. droits d'auteur réservés